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  • Bienvenu chez Népapresso

    pascafe.jpgAujourd’hui, vous avez décidé d’aller acheter des capsules du meilleur café du marché. Vous vous rendez donc dans le temple de la capsule à Paris, la boutique Népapresso. Une hôtesse vous accueille, avec son bel uniforme d’hôtesse de l’air, bien coiffée, bien maquillée, sourire aux lèvres. Elle vous indique la direction à suivre (parce que l’unique escalier central à vos pieds est tellement gros que vous pourriez le rater). On se croirait dans le hall d’un hôtel cinq étoiles.

    Le client-type, une quinquagénaire pouponnée, brushinguée, liftée et parfumée comme il faut, se plante derrière une rangée de clients et entame l’inévitable attente pour être servie. En général, la quinqua se déplace en groupe avec minimum une copine mais plus généralement flanquée de trois acolytes pour pouvoir « discuter café ». Parce qu’il y a des décisions dans la vie qu’il ne faut pas prendre à la légère, et bien choisir son café chez Népapresso en est la parfaite illustration. Vingt bonnes minutes plus tard, ces dames doivent interrompre leurs bavasseries : c’est enfin leur tour d’être servies. L’hôtesse les accueille, les écoute patiemment, les conseille. Mais que c’est difficile de choisir !!!! Rubis ou diamant, rubis ou diamant ! On se croirait dans une bijouterie à choisir LE bijou qu’on portera toute sa vie ! L’acheteuse tergiverse, hésite, demande conseil, épluche le catalogue Népapresso et interroge l’hôtesse sur chaque foutue capsule. « Plus corsé, plus doux, plus épicé, avec plus ou moins de « caractère », léger parfum de chocolat, de noix de coco ou de citrouille »… Bref, du café avec plus ou moins de café. La pression est à son comble, la sueur ruisselle sur son front, le maquillage dégouline et la cliente sentant la fin proche, respire un grand coup et se jette à l’eau. Elle prendra quatre parfums différents : les mêmes que d’habitude. What else ?

    On pense en avoir fini mais non, que nenni !!! L’hôtesse fait du zèle et propose la gamme de café que la quinqua n’a pas évoquée. « Connaissez-vous notre nouveauté, café fumé aux saveurs choucroute-garnie-papaye ? ». Et rebelote, on est reparti pour un tour.  

     

    Et on recommence avec la copine. Puis la suivante et enfin la dernière.

     

    Pas de chance, comme d’habitude je suis arrivée juste après le gang des quinqua. Même en courant, on ne leur échappe pas car il y en un qui débarque toutes les deux minutes. Le jeune homme qui attend derrière moi fait des exercices de respiration pour calmer ses nerfs, il ne comprend pas pourquoi la file d’attente n’a pas bougé depuis dix minutes. J’ai le nez sur mon téléphone : pas de pot, on est dans un sous-sol, rien ne capte. Je balaye la pièce du regard, non, c’est sûr et certain, George Clooney n’est pas là. Dommage.

    Cinq minutes plus tard, mon voisin de derrière est en position lotus, je ronge mon frein en écoutant une musique zen sur mon MP3 et pendant ce temps, la file d’attente s’allonge. « C’est fou le nombre de personnes qui viennent chez Népapresso en plein milieu de l’après-midi », glousse une des dindes. Son précieux butin acheté, elle vient de lever le nez pour découvrir avec stupeur qu’elle n’est pas seule au monde. Non madame, le problème n’est pas le nombre de personnes présentes, le problème c’est qu’il y a moins de gens qui sortent du magasin que de personnes qui y rentrent, car le temps nécessaire pour se faire servir dans ce palace de la capsule plastique est simplement grotesque ! Mais elle le sait, elle adore et elle en redemande !

     

    Le temps s’étire…

     

    Lentement…

     

    Je sais ce que vous allez me dire : pourquoi ne pas commander par internet ? Réponse : la livraison n’est gratuite qu’à partir d’une quantité assez conséquente, or mon commanditaire ne veut pas faire de stock. Alors pourquoi ne pas acheter sur internet et passer prendre la commande au guichet-retrait ? Réponse : parce que mon commanditaire aime bien me demander d’aller chercher son café à la dernière minute pour être sûr que je sois obligée de me coltiner le gang des quinquas. Je suis une poire.

     

    Enfin, la transaction arrive à son terme. L’hôtesse propose toujours une petite dégustation et la quinqua ne refuse jamais un bon café gratuit. Satisfait de son acquisition de café à 70€ le kilo, le troupeau s’éloigne donc à toutes jambes pour aller se repaître de l’équivalent d’un dé à coudre du précieux breuvage.

     

    Au suivant !

     

    Je dégaine ma liste, annonce les cartouches choisies, sors ma carte bleue avant que l’aimable et souriante blonde me la demande, je paye, embarque le sac et prends congés la caissière (si si, c’est une caissière) en déclinant poliment la dégustation gratuite car le temps imparti à cette corvée a malheureusement expiré, et devinez quoi : je ne bois pas de café, j’ai horreur de ça !