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Ils vont vous faire aimer le train

  • Bulletin météo

    « Il va faire beau sur toute la France ».

    Naïve et confiante après avoir vu la météo, je fais mon petit sac avec un seul pull chaud pour le séjour. Il fait beau, je monte dans le corail, sourire aux lèvres et heureuse de profiter de la campagne avec ce beau week-end qui s’annonce.

    Première erreur. Le thermomètre a dépassé les 19,3°C, donc la clim est allumée à fond dans le train. Les premiers rayons de soleil tant attendus après deux mois de giboulées non-stop rendent mon voisin euphorique. Pas question de baisser le store. Curieuse cette nouvelle sensation sur mon visage : cuit à point côté pile et congelé côté face. Vous vous souvenez de la pub pour des plaques à induction ? « L’œuf mis-cru mi-cuit »… ma tête d’œuf déguste. Bref, après 2h30 emmitouflées dans mon écharpe pour me protéger du soleil à gauche et du froid à droite, j’arrive enfin à destination. Je vais pouvoir oublier ce désagrément et profiter de la douce torpeur de l’été qui s’annonce.

    Deuxième erreur. La température est nettement plus basse qu’à Paris ! Pourvu que frigorifiee.jpgmes hôtes n’aient pas éteint le feu dans la cheminée. Parce que dans le Berry, on se chauffe au feu de bois, et lorsqu’on l’éteint, on ne le rallume pas avant l’automne suivant. L’espoir me tient chaud dans la voiture jusqu’à ce que je découvre avec horreur que le feu est éteint : « L’a fait chaud y’a deux jours, alors on l’a éteint, z’ont dit que ç’allait p’t’être rechuter, mais s’trompe tout l’temps à la météo ».

    Me voilà donc condamnée à passer deux jours congelée. J’aime ces vieilles maisons en pierre, qui gardent la température constante. Pratiques en pleine canicule et en plein blizzard mais bien déplaisantes en mai, quand il fait 20°C dehors mais que le thermomètre ne décolle pas des 17°C à l’intérieur.

    J’ai gardé mon pull chaud pour le dernier jour préférant accumuler les couches de vêtements en attendant : le t-shirt, le gilet léger et fashon totalement inutile, l’écharpe, le sur-gilet prêté, deux fois trop grand, et recouvrant le tout. Je ressemble à un oignon obèse, je peste, j’ai froid.

    Le dernier jour arrive enfin. J’enfile le pull en cachemire tant attendu. Une sensation de douce chaleur m’envahit enfin. Le week-end se termine et l’heure du départ a sonné. Je remonte dans le corail et rebelote : côté chaud, je transpire, côté froid je grelotte. 2h30 (une éternité) plus tard, je saute du train, certaine que mon calvaire est terminé.

    canicule.jpgTroisième erreur : un temps orageux et lourd s’est abattu sur la capitale. Il fait chaud, bien trop chaud. Je sue et me liquéfie sous mon bon-dieu de pull en cachemire. Je m’engouffre dans le métro trainant mes bagages en haletant comme un bœuf. La chaleur est étouffante, les passagers sont nombreux et font grimper la température déjà suffocante. 45 minutes plus tard, je me dirige assoiffée et dégoulinante vers mon oasis : plus que quelques mètres avant d’atteindre mon chez-moi, mon havre de paix, mon nid, ma douche. Mon cachemire est foutu, je m’en fous, je touche au but. Mon royaume pour un verre d'eau ! Je passe la porte, et au moment de pousser mon ouf de soulagement, je ressens cette vague de chaleur en plein visage : le chauffage collectif tourne à plein régime. Il semble que je ne sois pas la seule à ne pas avoir saisi les subtilités des prévisions météo.

    Miss Météo je te hais.

  • Senteurs d'ailleurs

    Aujourd’hui, j’ai pris le train de bon matin. Etant facilement atteinte du mal des transports, j’ai petit déjeuné léger. Malgré les retards annoncés et des travaux sur la ligne que j’emprunte, tout ce passe bien : départ à l’heure, passagers calmes, voire silencieux. Le bonheur. Sauf que j’ai faim. Le petit creux de 10h se fait méchamment sentir et les passagers sortent tous leur casse-croute exprès pour me narguer : viennoiseries, pâtisseries et autres petites friandises appétissantes envahissent mon champ de vision. Mon ventre me supplie d’aller faire un tour au wagon-bar pour dépenser le peu de monnaie que j’ai sur moi, mais non, je tiens bon, je ne cède pas. Et heureusement, car le danger vient toujours de là où on ne l’attend pas.

    Finalement, les victuailles sont remballées et ma discrète voisine se lève pour aller aux toilettes. En fait, je l’ai à peine remarquée se lever. Par contre, impossible de manquer son retour : madame s’est parfumée, avec une senteur très sucrée et vanillée. Et pas qu’un peu. Fallait-il que la bouteille y passe ? Elle embaume tout le wagon avec sa cocotte bon marché et me promet une fin de trajet des plus déplaisantes. Oubliée l’envie de faire bombance ! Mon estomac me supplie désormais de saisir le marteau brise-glace en face de 100701.jpgmoi pour défoncer la fenêtre « issue de secours » et sauter hors du train, à l’air libre. Restons calme et cherchons un plan B. Ce sont les vacances scolaires, donc naturellement le train est plein et il n’y a aucune place de libre dans un autre wagon. Pendant que je réfléchis à une échappatoire, l’horreur me saisit à la gorge : mon odorante voisine vient de dégainer la solution hydro-alcoolique senteur cerise et elle s’en badigeonne allègrement les mimines. Oh le vilain mélange ! La cerise chimique se marie très mal avec la vanille concentrée. Je me cale au dessus de la ventilation (seul avantage à être coincée côté fenêtre dans une telle situation) et je respire à plein poumon l’air climatisé qui s’en dégage. Je ne sais pas pourquoi, mon cerveau choisit de se brancher sur un vieux souvenir de TGV : le touriste suédois qui déballe son sandwich au saumon dans le wagon par une chaude soirée d’été. Une puanteur qui a fait grimacer et râler tout un wagon, mais qui a vite disparu, une fois l’objet du délit englouti. Mon nez se souvient aussi et le mélange de ces trois fragrances (saumon + vanille + cerise) me retourne l’estomac. Alors que je suis sur le point de tourner de l’œil, j’aperçois par la fenêtre un paysage familier : je suis à 5 min de mon arrêt ! Je bondis, attrape mes affaires, demande pardon à la dame (le comble) pour pouvoir m’extirper de cet enfer et file vers la plateforme. Je me colle devant la porte de sortie, serrant toujours les dents et respirant à fond pour me débarrasser de l’odeur résiduelle qui me colle aux naseaux. Mais elle ne disparait pas. Pire, elle redevient aussi forte que dans le wagon. Je renifle mon pull, serais-je imprégnée ? Et soudain je comprends. La glace à côté de moi reflète le visage de la coupable : ma parfumée voisine se tient juste derrière moi. Nos regards se croisent et elle me dit avec un grand sourire : « moi aussi je descends là ».

    Le train ralentit lentement, très lentement, le conducteur prend son temps le bougre. J’appuie sur le bouton de la porte comme si ma vie en dépendait : « ouvre-toi maudite ! ». Lorsque je respire enfin à l’air libre, je cours vers l’ascenseur, et referme rapidement les portes pour être sûre que madame n’enfume pas aussi ce petit espace. Sauvée. La petite marche de 15 minutes qui suit est très bénéfique : arrivée à destination, mon ventre crie à nouveau famine : quel versatile celui-là !

    Moralité : j’ai remarqué que beaucoup de gens (hommes et femmes) ont la fâcheuse tendance à avoir la main lourde lorsqu’ils se parfument avant de prendre les transports. Sachez, Mesdames, Messieurs, que lorsqu’on se retrouve dans un endroit confiné, type voiture, métro, RER, train, bus… le parfum hyper-odorant des voisins peut être très incommodant. Une douche et une bonne dose de déodorant sont largement suffisantes, il n’est point nécessaire de jouer à Louis XIV en vidant la bouteille de parfum pour montrer que l’on est propret. Merci de penser à cela la prochaine fois que vous vous parfumerez. En vous remerciant d’avance pour votre compréhension.

  • Le e-billet pour les nuls

    Aujourd’hui j’ai pris un train court, peu rempli, à une heure creuse (pleine journée en semaine) pour être tranquille. Et pourtant, j’ai réussi à me faire labourer la tête à coup de sacs de voyage (au pluriel). Mais comment est-ce possible ??!! Je vous explique depuis début. Je suis dans le train, arrivé à l’heure, parti à l’heure et sans problème particulier. Je suis assise côté couloir, côté droit du wagon. Un couple est assis à côté de moi, côté gauche du wagon. Seul le couloir nous sépare. Le contrôleur arrive et demande les billets. Cette fois-ci, comme le couple à côté de moi, j’ai opté pour le e-billet, le billet acheté sur internet et à imprimer soi-même.

    Alors, petit cours pour les nuls sur le e-billet. Comme pour chaque billet que vous achetez (billet de train, de spectacle ou autres), il y a toujours des petites inscriptions dessus qui s’appellent des « notifications ». Ces gribouillis barbares n’ont pas seulement pour but de décorer le papier, ils ont aussi utiles car ils apportent des informations ! Si si, j’ai vérifié… Alors sur le e-billet de la SNCF (et sur l’email de confirmation), il a marqué :

    La confirmation e-billet doit être imprimée sur du papier A4 blanc, sans modification de la taille d'impression

    Traduction : ON IMPRIME SUR DU PAPIER FORMAT A4 ET ON NE MODIFIE PAS LA TAILLE D’IMPRESSION !

    Cela dit, tout le monde peut se tromper, il est possible de faire les choses à la va-vite, surtout quand on réserve par internet pour la première fois, il est vrai que c’est toujours mieux de faire ça n’importe comment. C’est ce qu’ont dû se dire mes deux charmants voisins. C’est alors que le contrôleur leur dit poliment et calmement qu’ils n’auraient pas dû modifier la taille d’impression de leurs billets, le tout en leur indiquant ladite notification sur le billet (oui oui, c’était écrit noir sur blanc devant leurs yeux ébahis !). Que feriez-vous dans une telle situation ? Personnellement, je reconnaitrais mon erreur, je ferais le dos rond avec un joli sourire et je croiserais les doigts de pieds pour éviter l’amende. C’est ce que j’ai fait un jour où je me suis trompée de train (mais pour la bonne destination, je suis bête mais pas complètement idiote, ils se suivaient de 5 min et partaient du même quai, alors…). Et ça marche. Les gens aimables sont appréciés des contrôleurs, curieusement.

    Mais les deux tanches à côté de moi ont préféré le plan B : grogner, râler, me gonfler : « mais mon papier il est A4 ! Et pis ça change rien à c’qui y’a d’su ! ». C’est intéressant comment le genre humain vous parle de ce qui va en ignorant royalement ce que vous leur mettez sous le nez et qui ne va pas. Soudain j’ai envie d’hurler : « Le môssieur ne te parle pas du format du papier, il te parle du format des caractères ! ». Pas le temps, la lutte contre les sacs de voyage a débuté.

    Flash info : mesdames, messieurs, lorsque quelqu’un stationne dans le couloir d’un wagon TGV, il se produit un phénomène que je nomme « la loi de l’entonnoir ». Le couloir est tout petit. On ne peut pas se croiser sans se contorsionner. En général, pour pouvoir passer, un des deux passagers se range devant un siège ou se colle sur le côté d’un siège ou se frotte allègrement sur la personne qu’elle croise en prenant soin de lui labourer les jambes avec sa valise. Corolaire de cette loi : quand un contrôleur stationne devant un passager pour lui expliquer le b.a.-ba du e-billet, les gens qui vont et reviennent du wagon-bar juste à côté sont obligés de se frotter au contrôleur pour passer. Or, en général, il préfère l’éviter au maximum (de la politesse sans doute), et choisissent de se vautrer sur le côté opposé, c'est-à-dire dans ce cas précis, sur moi. Quand ils ont une valise, pas de problème, je me prends juste un coup d’épaule dans la tête. Par contre, quand ils ont un sac de voyage, ils le montent à hauteur de torse pour eux, donc de tête pour moi, et roule Marcel ! Dix-huit personnes sont passées pendant le cours de e-billet pour gros nuls et aucune n’a réussi le test : gros, maigre, petit, grand, mains vides, mains pleines (au secours, très dangereux), secoués par le TVG ou pas, ils empiètent tous violemment sur l’espace vitale de ma boite crânienne. Bien sûr, après trois raclages dans les normes (je suis un peu lente), j’ai glissé sur mon fauteuil pour mettre ma tête à l’abri : genoux appuyés sur le siège de devant, et dos arqué. Position efficace, désagréable et moyennement gracieuse. C’est le moment qu’a choisi le contrôleur pour se retourner et me demander mon billet : il souhaitait le montrer aux deux néophytes : « ça ressemble à ça un billet bien imprimé sur du A4 ! ». Suis tellement flattée, tellement qu’il est beau, tellement qu’il est bien imprimé mon billet…

    Pour votre culture personnelle, sachez que si votre e-billet n’est pas au format d’origine, le contrôleur ne peut pas flasher le flashcode sur votre billet car le dessin (« tiens, c’est quoi ce machin, encore un truc qui ‘ sert à rien… ») est devenu trop petit. Conséquence, il doit vérifier manuellement, et se renseigner par téléphone. Un contrôleur bien luné le fera, un contrôleur échaudé risque de sortir le distributeur de prunes. Le mien était disposé à prendre son temps pour leur faire rentrer l’info dans leurs ‘tites têtes, du coup, c’est la mienne qui a pris.

    Moralité : la prochaine fois que vous verrez un contrôleur en train de stagner devant un resquilleur, ayez une pensée pour la personne assise juste derrière l’agent poinçonneur, car pour elle, les minutes qui vont suivre vont être longues…

  • Le téléphone portable dans le train

    Ce soir, je rentre chez mes parents en catastrophe. Je suis épuisée, j'ai besoin de dormir, deux jours au calme sont indispensables. J'ai de la chance, c'est un vendredi de départ en vacances à Paris et il reste des places dans le TGV. Arrivée en avance, je m'installe, sors mes écouteurs et mon MP3. Tout est calme. Le train part, à l'heure. La première demi-heure se déroule dans un calme inhabituel. Ce trajet, serait-il l'une de rare exception où rien ne se passe, où chacun se conduit correctement sans gêner personne ? Non, bien évidemment. Ma voisine de droite, qui tapote sur son ordinateur reçoit un appel sur son portable. Ignorant les recommandations du chef de bord au début du voyage, elle reste vissée à son siège et débute sa conversation téléphonique. Le ton monte rapidement. Malgré la présence de mes écouteurs antibruit sur les oreilles, je saisis toute la conversation et l'étendu du problème. Madame a sacrifié un dossier professionnel important pour l'homme au bout du fil, et vient de découvrir que monsieur s'est accoquiné avec "Pupute". Elle lui raccroche au nez. Il rappelle. Elle décroche, lui assène deux ou trois vérités et lui raccroche au nez. Il rappelle, elle décroche, hurle, lui raccroche au nez. Il rappelle et rebelote. Après une bonne demi-heure de ce petit jeu, mon téléphone (en mode vibreur) sonne. Je saute sur mes pieds et décroche en me dirigeant vers la plateforme en disant discrètement mais de façon audible : "attends, je sors du wagon, je suis dans le train". Je retourne m'assoir une fois ma conversation terminée. Le téléphone de ma voisine sonne, et ô miracle, elle arrête la sonnerie sans décrocher. Je passe le reste du trajet à éviter son regard assassin.

    Elle m'a fait préférer le train.